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dimanche 1 mars 2009

Vole...

Parce que ce soir elle me manque tellement et que je pense à elle très fort, j'ai envie de partager avec vous cette page que j'ai fait il y a quelque temps...

samedi 18 octobre 2008

Un cadeau très touchant!

J'ai reçu ce magnifique cadeau pour la fête de ma Lil-Jeanne: Karina a demandé à son amie Carly, en Australie, d'écrire le nom de Lili-Jeanne dans le sable...

http://namesinthesand.blogspot.com/search?q=lili-jeanne



Mille merci à toi Karina pour cette douce pensée qui me touche profondément!

dimanche 5 octobre 2008

Retour sur la Fête des Anges

Samedi matin… on se dirige vers l’Oratoire St-Joseph. Je n’y suis jamais allée, mais aujourd’hui, c’est une occasion bien spéciale; c’est la Fête des Anges.


...Qu’est-ce que la Fête des Anges?

Sur le site du CSDP (Centre de soutien au deuil périnatal) on retrouve ceci : « La fête des anges est une journée toute spéciale organisée par des parents bénévoles endeuillés au quatre coins de la province du Québec et dans certains autres pays comme la France. Cette activité vise un partage et un recueillement pour tous les parents endeuillés d'un bébé décédé durant la période périnatale. Ainsi, elle est un rituel important qui encourage la réflexion quant à la mort d'un enfant dans notre vie. »

Lors de cette Fête, je vous dirais que le moment fort est l’envolée de ballon. Ballon rose pour la perte d’une petite fille, ballon bleu pour la perte d’un petit garçon, ballon blanc lorsque le sexe est inconnu (comme lors d’une fausse-couche où le développement du fœtus n’est pas assez avancé pour le déterminer) et ballon jaune pour les accompagnateurs. Après la cérémonie très touchante au cours de laquelle nous avons écouté les témoignages d’une maman qui a perdu un bébé et du prêtre qui a perdu une soeur, ainsi que le mot de l’organisatrice pour la région de Montréal, Valérie Dorion, nous nous sommes tous retrouvés sur le balcon, notre ou nos ballons en mains.


Vincent et moi avions 2 ballons; un ballon rose pour notre belle Lili-Jeanne et un ballon blanc pour notre petit jumeau étoile filante. Je n’étais pas nerveuse, ni trop émotive depuis mon arrivée à l’Oratoire. Depuis le début, je voyais cette journée comme une belle occasion de souligner le passage de notre fille dans nos vies et de pouvoir parler d’elle avec d’autres parents qui ont vécu ce drame de perdre un bébé. L’occasion de revoir ces couples qui sont devenus nos amis et nous souvenir tous ensemble de nos enfants, souligner leurs courtes existences. Ce fût bel et bien le cas et cela nous a fait beaucoup de bien. Mais, lorsque le décompte s’est terminé et qu’il a fallu lâcher nos ballons, j’ai tenu les ficelles une bonne milli seconde de plus que Vincent… J’ai regardé les ballons s’envoler d’abord sereine. Celui de Lili-Jeanne montait plus rapidement que le petit ballon blanc. Nous les avions attachés ensemble pour qu’ils fassent leur envolée côte à côte. Vincent a sourit et a dit : « Lili-Jeanne traîne son petit frère! » …Eh oui; nous sommes convaincus que le petit jumeau était un petit garçon! Probablement juste à cause du jeu de l’aiguille, mais c’est comme ça! Puis, la vague d’émotions m’a envahie. Reste que cette envolée de ballon a une signification particulière : « la/le laisser partir ». Alors de voir ces petits ballons s’élever toujours plus haut dans les airs, ça ravive la douleur, ça ramène en arrière. Mais, croyez-le ou non, après le flot de larmes, ça fait du bien! On se sent alors si proche de notre fille! On sent sa présence plus forte.


Du côté du Saguenay, ma famille a aussi eu la chance d’envoyer leurs ballons. En effet, pour la première fois cette année, il y a eu une Fête des Anges à Chicoutimi. Mes parents y étaient, en compagnie de mes 2 grands-mères et d’une tante. La mère de mon père ayant, elle aussi, perdue une fille à la naissance en 1956, a pu lui envoyer un beau ballon vers le ciel. Ce geste me touche beaucoup puisque le deuil d’un bébé était encore moins reconnu à l’époque qu’il ne peut l’être aujourd’hui. Je remercie donc Mélyssa Gravel, l’organisatrice de cette journée spéciale au Saguenay, ainsi que les membres de ma famille qui y ont participé.


Fête des Anges de Saguenay



Voici également le lien pour visionner le reportage qui a été diffusé sur LCN la veille de l'évènement: http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/regional/archives/2008/10/20081004-172939.html

samedi 4 octobre 2008

Fête des Anges - Oratoire St-Joseph

Aujourd'hui, 4 octobre 2008, nous avons assisté à notre première Fête des Anges à l'Oratoire St-Joseph. Que d'émotions!

Voici quelques photos, j'ai besoin de décanter tout ça avant de vous revenir avec un texte plus élaboré sur cette journée en l'honneur de notre Lili-Jeanne.


samedi 21 juin 2008

Les ressemblances entre BB2 et Lili-jeanne

Quelques personnes m'ont demandé de revoir les photos de Lili-Jeanne pour voir la ressemblance entre nos 2 bébés... eh bien voilà!















À gauche (la tête vers la droite) c'est BB2 et à droite (la tête vers la gauche) c'est Lili-Jeanne.
















Les grandes pattes... même la y'a une ressemblance vous ne trouvez pas? hahaha!
















J'ai regardé d'autres photos d'écho à 12 semaines pour vérifier si tous les bébés se ressemblent à ce stade... eh bien non! Vous pouvez également remarque que la piscine de BB2 est beaucoup plus grande! hihihi!

Rendez-vous à Ste-Justine

Wow! Je n’en reviens tout simplement pas des secrétaires, docteurs et infirmières que nous avons rencontrés à Ste-Justine en ce jeudi, 19 juin 2008. Tous très sympathiques! Je ne sais pas si nous avons été chanceux ou si c’est toujours comme ça, mais nous étions très contents.

Notre journée à commencée très tôt : à 6h30 nous sommes partis de la maison pour être certains d’arriver un peu avant notre rendez-vous de 9h00 en génétique; nous devions aller faire faire nos cartes d’hôpital avant le rendez-vous. Nous sommes arrivés avec une bonne heure d’avance et notre rendez-vous a été devancé. La docteure était très douce, très empathique. Comme la génétique de notre fille avait été faite à partir de l’amniocentèse que j’ai eue avant mon accouchement, nous savons qu’elle n’avait aucune anomalie chromosomique. Par contre, pour nous rassurer et parce que je suis originaire du Saguenay-Lac-St-Jean, ils nous ont offert de faire quand même quelques tests sanguins, ce que nous avons accepté. Nous aurons les résultats dans environ 1 mois.

Ensuite, rendez-vous pour une échographie à 10h15. Nous y étions avec 30 minutes d’avance. Quelle attente! Nous avons passé à 11h30, mais l’attente en valait vraiment la peine! Contrairement à lundi matin où bébé avait été plutôt tranquille (en parano que je suis pour cette 2e grossesse, j’en étais un peu inquiète…), cette fois nous l’avons vu en pleine action! Aussitôt que nous l’avons vu apparaître sur l’écran, bébé rebondissait sur la paroi, couché sur le dos, comme s’il/elle s’amusait sur un trampoline! Quand la doc a essayé de prendre la mesure de sa tête, bébé a fait un beau 360° sur lui-même (Vincent dit que bébé a fait un tonneau : tourner sur soi-même de façon longitudinale en chute libre… hihihi!)! Il/elle passait son temps à se tourner ; couché sur le dos, puis sur son côté droit comme s’il/elle nous tournait le dos. Et les petits poings qui se faisaient aller… quelle merveille de voir ça! Bébé boxait carrément dans son placenta! Ha! Ha! Ha! Je crois que c’est réellement à ce moment-là que nous avons pris conscience qu’il y a bel et bien un petit être qui grandit dans mon bedon et nous en sommes tout de suite tomber amoureux! Pourquoi ce déclic ne s’est-il pas fait lundi? Ça, c’est un mini-mystère qui pourrait peut-être s’expliquer par le fait que la technicienne chez Procréa a pris ses mesures pour la clarté nucale assez rapidement et a surtout vérifié que la petite maison de bébé allait bien avec l’histoire du petit jumeau et mon fibrome.

Bébé mesure maintenant 6.3 cm de la tête aux fesses! Ce qui lui donne encore une journée de plus (?) ; le médecin a écrit sur son rapport 12 semaines et 6 jours… Et mon placenta est antérieur; ça veut dire qu’il y a de grandes probabilités que je sente bébé bougeait plutôt tard…

Voici les photos de l'écho (la qualité est vraiment moins bonne que chez Procréa):

Photo 1: Le beau petit profil

Photo 2: La nage sur le dos (main gauche sur le côté de la tête et main droite au dessus du bedon)

Photo 3: La boxe!

Après le diner, nous avions rendez-vous en clinique GARE (Grossesse à Risques Élevés), et encore une fois, autant la résidente que la docteure nous ont été très sympathiques. On nous a dit qu’on pourrait me suivre à Ste-Justine, même si les probabilités que cela se reproduise sont très faibles, mais qu’il me serait sans doute plus commode d’être suivie par une gynécologue dans mon coin. En effet…

La docteure semblait plutôt surprise que je sois suivie par une omnipraticienne et m’a signé une référence pour voir une gynécologue qu’elle connaît dans mon coin. Je vais donc changer de docteur… merveilleux!

J’ai aussi vue mon acupuncteure hier et elle croit toujours, et de plus en plus, que c’est une fille… D’ailleurs, je remarque que dans mon petit sondage, les votes pour une fille rattrapent un peu ceux de garçon depuis que j’ai mis les photos d’échographie!

Je vous laisse une photo de ma bedaine à 12 semaines et 3 jours:

dimanche 15 juin 2008

8 mois

Aujourd'hui, c'est la fête des pères; comme pour la fêtes des mères, ton absence nous fait d'autant plus souffrir car nous devrions célébrer cette journée en famille...

C'est aussi ton anniversaire; tu aurais 8 mois! Comme tu serais grande! Tu nous manques à chaque jour qui passe. Oui, le temps nous aide à apprivoiser ton absence physique, mais le temps nous ramène toujours à ces belles journées que nous avions imaginé passer avec toi...

Quand je vais voir ton papa faire du parachute, tu n'es pas là, dans ta belle poussette orange, comme nous l'avions tant de fois imaginé l'année dernière. Quand je me baigne dans ma belle grande piscine, tu n'es pas avec moi pour patauger et rire aux éclats comme j'en avais si hâte quand je trempais ma grosse bedaine l'année dernière en te promettant que nous nous amuserions beaucoup dans la piscine l'été prochain. Nous irons à la plage cet été et tu n'auras pas la couche pleine de sable comme nous nous amusions à t'imaginer, nous ne pourrons pas faire ces belles photos que j'avais déjà en tête...

Tu as 8 mois aujourd’hui mon bel ange et je ne cesse de penser à toi. Parfois, quand tu me manques, je relis l’histoire de ta naissance et je me sens un peu plus proche de toi…

vendredi 13 juin 2008

Un article sur le deuil périnatal dans La Presse

Dernièrement, une journaliste de La Presse m'a contactée suite à la lecture de mon blogue! Elle préparait un reportage sur le deuil périnatal et souhaitait me rencontrer car elle a été très touchée par le récit de la naissance de ma fille. Nous l’avons rencontré Vincent et moi et nous lui avons raconté ce qui s'est passé. Je ne sais pas précisément ce qu'il y aura d'autre que notre histoire dans cet article, mais je vous invite à vous en procurer une copie, et à me faire part de vos commentaires! Le reportage sera publié dans le cahier Le Plus ce dimanche le 15 juin.

J’étais très enthousiaste lorsqu’elle m’a contactée car je trouve que c'est une très belle tribune pour parler de ma fille et des difficultés, des peines et de l'isolement que vivent les parents en deuil. C’est une autre belle façon de rendre hommage à ma fille et j’espère que cela pourra aider d'autres parents qui vivent un tel deuil, ainsi que leur entourage.

Aussi, j’étais agréablement surprise qu’une journaliste s’intéresse au deuil périnatal car bien des gens sont dans l'ignorance que de tels évènements se produisent encore en 2008 et cela contribue au tabou et à l’isolement qui entourent le deuil périnatal.

J’ai bien hâte de lire cet article!

jeudi 15 mai 2008

7 mois

Une petite pensée pour notre puce qui aurait eu 7 mois aujourd'hui! Je t'aime fort.
Maman xxx

lundi 28 avril 2008

Bébé naissant et hôpital - la suite...

Depuis que j’ai rencontré Akian, le petit bébé naissant de mon amie, je me demande : « Comment se fait-il que j’avais déjà oublié à quel point c’est petit un bébé naissant? » Tout le monde le dit : « Mon Dieu! J’avais oublié comment c’était petit! ». Mais d’habitude, les mamans qui disent ça c’est parce qu’ils ont vu leurs enfants grandir… Moi, ça fait 6 mois que j’ai accouché. Ce n’est pas beaucoup pour avoir déjà oublier comme c’est petit. Aussi, je n’ai pas vu ma fille grandir… Comment se fait-il alors que j’aie déjà oublié? Serait-ce parce que je l’imagine tellement grandir à nos côtés? J’essaie tellement d’imaginer comment elle serait aujourd’hui, ce qu’elle ferait. Quand je pense à elle, je ne la vois même plus comme le bébé naissant qu’elle était quand elle nous a quitté, mais plutôt comme un bébé de 6 mois puisqu’elle serait aujourd’hui âgée de 6 mois.

Je voulais aussi partager avec vous le fait que pendant que nous étions dans la chambre d’hôpital de nos amis, une docteure est venu les voir. J’ai eu un choc quand je l’ai vu et ça m’a bien pris un quart de seconde avant de me rappeler pourquoi. C’était elle qui m’avait fait l’amniocentèse le lendemain matin de la terrible annonce. Étrangement, je n’avais pas réaliser sur le coup que…. En faite, ça m’est venu un peu plus tard, bien après avoir quitter la chambre… C’est aussi ce médecin qui nous avait fait la terrible nouvelle le dimanche soir. C’est elle qui avait apporté sa machine d’écho dans la salle de triage et qui nous avait dit : « Ce n’est pas une bonne nouvelle. Son petit cœur a arrêté de battre. » Je pouvais bien être sur le choc de la revoir! J’avais l’impression de ne plus être là quand elle était dans la chambre, à poser ses questions de routine à Véro. J’entendais un peu comme si c’était loin, vague. Tout s’explique maintenant…

Voici quelques photos de notre rencontre avec Akian;


Je vous l'avais dit que c'est un beau bébé!!!

mardi 15 avril 2008

6 mois, mon ange...

Une petite pensée pour toi mon petit ange, car aujourd'hui nous aurions célébrer tes 6 mois. Je tente si souvent de m'imaginer ton visage; comment tu aurais grandie, changée! Est-ce que tes cheveux auraient blondis comme nous le croyons? 6 mois... comme tu serais déjà grande! Tu me manques mon amour… Je t’aime!

mercredi 9 avril 2008

J'ai enfanté un ange

Depuis que je participe au groupe de soutien pour le deuil périnatal, que je lis les témoignages sur Nos Petits Anges au Paradis et que je parcours différents blogs, je constate que beaucoup de mamans dont le bébé est mort in utero disent qu’elles ont « donné la mort » plutôt que la vie. Cette phrase, la première fois que je l’ai entendue, elle m’a vraiment choquée. Cette façon d’exprimer ce que j’ai vécu ne m’avait jamais effleuré l’esprit et même après l’avoir entendu, je ne voulais pas me résigner à utiliser cette phrase qui sonne trop cruelle pour une mère, qui donne une certaine responsabilité qui ne m’appartient pas. Je me sens tellement impuissante devant la mort de ma fille, je ne peux me résoudre à simplifier ce qui s’est passé par cette courte phrase. En tant que maman de Lili-Jeanne, ce que je lui ai offert, c’est la vie. Et, comme toute les mères j’en suis certaine, j’espérais qu’elle soit longue et belle! La nature, le destin ou Dieu, appelez ça comme vous le voulez, a fait que lorsqu’elle est née, cette belle vie que je lui avais promise lui avait déjà été enlevée, mais ce n’est pas moi qui lui ai donné la mort!

Puis, je ne me souviens plus où (mais ça n’avait rien à voir avec le deuil périnatal), j’ai lu que chaque mère qui donne la vie à un enfant lui donne par le fait même la mort puisque c’est l’aboutissement ultime de toute vie. Ça m’a soulagé. Le fait de « donner la mort » ne revêtait alors plus le sens cruel et défaitiste que je lui ai attribué lorsque j’ai entendu une maman en deuil le dire. La mort elle-même devenait partie intégrante de la vie. Je le savais déjà, mais j’ai tendance à en faire abstraction. Tout le monde meurt, mais tout le monde a aussi la chance de vivre plus que 9 petits mois dans le ventre de sa maman… règle générale dont il existe malheureusement ô combien de tristes exceptions!

Dans son livre Marie-Kerguelen (que je recommande aux mamans en deuil), Gaëlle Brunetaud a écrit « J’ai enfanté un ange ». Je trouve cette façon de dire que notre enfant est décédé avant même de naître tellement plus jolie!

Alors voilà : j’ai enfanté un ange.

samedi 29 mars 2008

Cérémonie à l'hôpital

Aujourd'hui, il y a eu une petite cérémonie des anges à la chapelle de l'hôpital ou j'ai accouché. Voici le texte que j'ai écrit ce midi, juste avant de m'y rendre (un ti peu à la dernière minute la madame!):

14 février 2007. Ce matin-là, nous avons appris la plus belle des nouvelles! Une nouvelle petite vie allait chambouler les nôtres. Date prévue d’accouchement; 22 octobre 2007. 8 mois devant nous pour nous préparer à t’accueillir et à fonder une belle famille. 8 mois à te voir grandir dans mon ventre, à partager avec ton papa les coups de pieds et autres mouvements. 8 mois à flatter mon ventre, à te parler, à te dire à quel point nous avons hâte de te voir enfin! De te serrer dans nos bras et de prendre soin de toi! 8 mois, c’était tellement long. Nous étions si impatients de te rencontrer.

Et voilà que le jour tant attendu se rapproche, ce n’est plus qu’une question de quelques jours, peut-être même d’heures et tu seras là avec nous. 14 octobre 2007. Cela fait aujourd’hui 39 semaines que tu grandis dans mon ventre. J’ai plusieurs contractions, mais je ne te sens pas beaucoup bouger. Inquiets, nous nous rendons à l’hôpital et nous apprenons la pire des nouvelles; ton coeur ne bat plus. Tu es née le lendemain. Tu es tellement belle!

Ton passage parmi nous, aussi bref fût-il, a effectivement chambouler nos vies. Malheureusement pas de la façon dont nous l’avions tant de fois imaginé, rêvé... Tu nous as fait vivre tant d’émotions. Tu as fait de nous des parents, tes parents, tu nous as lié. Tu seras à jamais dans nos cœurs car je sais que chaque jour nous aurons une pensée remplie d’amour pour toi.

jeudi 14 février 2008

14 février

Il y a un an aujourd’hui, je me suis réveillée partagée entre la nervosité et l’excitation car j’allais faire un test de grossesse pour la 2e fois en moins d’une semaine. Je m’en rappelle vraiment comme si c’était hier… J’avais maintenant du retard. J’avait fais un test le samedi, 10 février, un peu en avance car je voulais savoir si je pouvais fêter pour notre party avec Voltige, mais il s’était avéré négatif. J’avais gardé espoir. Nous étions maintenant mercredi, et c’était la St-Valentin. Pipi dans le petit pot, je trempe le bout du truc en plastique quelques secondes dedans et on attend. Oui « on » parce que Vincent est à mes côtés et impatient lui aussi. Mais oh! Surprise! On a pas à attendre bien longtemps car presque instantanément, une 2 ligne apparaît sur notre test! C’est positif! Wow! Quelle sensation incroyable… on est contents, on est terrorisés, on est heureux!

Il y a un an exactement, je prenais congé et nous allions tout de go direction Chicoutimi pour annoncer à ma famille qu’en octobre, il y aurait un petit bébé dans la famille!

Il y a 4 mois aujourd’hui, je me suis tirée du lit avec difficultés, comme tous les matins depuis quelques semaines parce que tu rendais ma bedaine ÉNORME! Je m’en rappelle vraiment comme si c’était hier… Avec surprise, j’ai accueilli plein de gens dans notre maison, des gens qui étaient venus fêtés ton arrivée imminente. Une belle journée très excitante car j’ai eu plusieurs contractions qui m’indiquaient que tu t’en venais.

Il y a 4 mois exactement, nous nous dirigions vers l’hôpital, inquiets, car je ne t’avais pas beaucoup senti bouger dans la journée. Un hoquet le matin et c’était tout. Il y a 4 mois, le 14 octobre 2007, à 10h45, nous apprenions que ton petit cœur avait cessé de battre.

En cette journée de l’amour, nous pensons très fort à toi mon bel ange et nous t’envoyons une tonne de baisers!

Maman et Papa XXX

vendredi 8 février 2008

En revenant de su l’docteur Brochuuuu-U

... J’ai rencontré mon ami Jean Coutu-U. (Euh... Oui, mais c’était juste pour allé chercher mes vitamines!)

Donc, j’arrive de chez ma doc. En effet, elle est d’accord avec moi que je ne suis pas prête à retourner au travail. Je dois essayer de reprendre un beat de vie un peu plus normal. Je le sais, mais là elle a insisté. Va donc falloir que je me trouve un peu de volonté, sauf que je ne sais plus trop ou chercher pour en trouver.

Pour ce qui est de mes cycles qui n’ont pas d’allure, elle explique ça par le stress dû au deuil. En résumé, je suis déprimé donc mon cycle est affecté et ne me permet pas de tomber enceinte, ce qui me déprime un peu plus et affecte un peu plus mon cycle ce qui ne me permettra pas plus de tomber enceinte. Ça, ça remonte le moral des troupes!

Elle nous a suggéré de faire un voyage dans le Sud pour évacuer un peu de stress, mais ne nous a pas fourni le budget en conséquence. Voulez-vous vous cotiser? À moins que j’organise un moitié-moitié?!

Bon, je sais qu’elle a raison, que mon état ne contribue pas à mon bien-être physique. Mais mon physique ne contribue pas non plus à mon état (d’accord, je crois que vous avez compris que c’est un cercle vicieux.). Je sais bien que mon corps finira bien par reprendre le dessus et que je finirai par tomber enceinte, mais quand? Dans 6 mois? 1 an? Je n’ai vraiment pas envie d’attendre si longtemps. Docteure me dit de me donner du temps. Justement, j’ai comme un peu l’impression d’en perdre là du temps car je sais que j’ai des problèmes, qu’il y a des moyens de les régler, mais que je ne les ai pas ces moyens car j’ai besoin d’un petit bout de papier signé de sa main pour ça.


Je n’en ai plus de patience ou de confiance en la vie! La vie - ou la nature, appelez ça comme vous voulez! - c’est une traître, donc j’aurais bien voulu avoir un coup de pouce pour la déjouer un peu.


Autres nouvelles à l’ordre du jour :

- c’est confirmé, il n’y a aucune explication médicale à la mort de notre fille. Pas d’infection, pas de problèmes génétiques, pas de thrombophilie… RIEN!

- Les résultats de l'autopsie ne sont pas encore sortis, mais elle est convaincue que nous n’apprendrons rien de plus puisque tout était numéro uno à chacune des échographies.

- Aucune inquiétude à avoir pour mon fibrome (mais aucune vérification).

- Prise de sang à faire pour vérifier si ma glande thyroïde est correcte. Il semble que nous n’avons aucun résultat en faisant mention et que depuis l’accouchement on avait simplement assumé que oui

- Je me suis fait dire encore une fois : « Il ne faudrait pas que tu la REMPLACES » … celle-là, je n’en peux plus! Ils vont tu arrêter tous ces docteurs, ces psychologues, ces infirmières, ces travailleuses sociales, de nous garocher : « Faudrait pas que vous la remplaciez! ». Comme si le fait de vouloir continuer le projet de fonder une famille veut dire qu’on veut remplacer notre fille. J’ai une petite nouvelle pour vous autres : je suis au courant que d’avoir un autre enfant n’apaisera pas ma douleur d’avoir perdu ma fille. Ma fille a sa place dans ma vie, dans mon cœur, dans ma maison et dans notre famille. Aucun enfant ne viendra remplacer ma fille, combler le vide que son absence crée. J’aurai beau avoir 10 autres enfants, elle nous manquera toujours! Et lorsque je serai de nouveau enceinte, que personne ne me dise : « C’est bien, vous êtes passés à autre chose » car je ne réponds pas de mes actes! C’est tu clair ça?


Que c'est beau, c'est beau la viiiiiiiiiiiiiie...

jeudi 7 février 2008

Quoi de neuf docteur?

Demain, j’ai un rendez-vous chez le médecin. Il s’agit au départ d’un rendez-vous pour évaluer si je suis apte à retourner au travail, ce que je doute encore…

Je profiterai également de ce rendez-vous pour vérifier avec ma docteure ce qui me déprime un peu plus depuis quelques semaines… mon cycle! Eh oui, THE sujet, celui de toutes les WANNABE MOM.

Vincent et moi, on souhaite plus que tout donner un petit frère ou une petite sœur à notre belle Lili-Jeanne très bientôt, mais je ne sais pas ce qui se passe, mon cycle est tout croche. Depuis mon retour de couche, j’ai eu un cycle de 18 jours avec ovulation au J15, un cycle de 31 jour avec ovulation au J25 et maintenant, un 3e cycle qui n’inspire pas plus confiance car j’en suis à J25 et aucune ovulation n’a été détectée jusqu’à maintenant. Ce ne sont pas trop de bonnes nouvelles pour retomber enceinte ça! En plus, j’ai des saignements anormaux en plein milieu de mes cycles et j’ai peur que ce soit causé par le fibrome qu’ils m’ont découvert à l’échographie de 21 semaines. J’ai peur qu’il y ait plus de fibromes ou qu’il soit plus gros, qu’ils nuisent à ma fertilité… À moins que ce ne soit ma glande thyroide? (Non mais il est temps que je le vois ce médecin!)

Étrangement, j’ai eu mes débuts de cycles le 14 décembre et le 14 janvier… la même date ou tu nous a quitté. Moi et les dates! Va falloir que je fasse un petit message à ce sujet bientôt, il y a trop de coincidences!

Et là quand j’en parle, on me dit : c’est normal, tu viens d’accoucher… Ben pourquoi si c’est si normal que ça, je n’entends que des histoires de filles qui sont tombée enceinte en moins de 3 mois après l’accouchement! Pour vrai! Naissances de bébé-espoir 10 mois après l’accouchement du petit ange, 11 mois après, 12 mois après… Ou bien des filles qui ont accouché après moi et qui annoncent qu’elles sont déjà enceintes… il y en a pleins! Ok, pas PLEINS, mais quand même 3. C’est beaucoup me semble quand on calcule que ce ne sont pas toutes les filles qui souhaitent tomber enceinte immédiatement après avoir mis au monde leur petit ange. Alors je peux tu ne pas croire que c’est parce que mon corps ne s’est pas remis de l’accouchement?!

Ah oui! Y’a aussi le « tu ne dors pas bien, tu te couches trop tard ». Euh… oui, je me couche tard (ou tôt ça dépend du point de vue), mais je dors mes 8 heures par nuit. Est-ce que les filles qui travaillent sur les shifts ne tombent jamais enceinte? Ou bien le « tu ne manges pas bien ». Ben oui, pis y’a plein de petites madames en Afrique (et ailleurs) qui sont sous-alimentées te ça ne les empêchent pas de peupler! Ok, j’exagère un peu… j’espère au moins que ça vous fait sourire!

Bon, et là vous allez me dire : relaxe! Ça ne fait que 3 mois que vous essayez… je sais bien, mais ça fait presque 1 an et demi qu’on parle bébé! Oui, j’ai eu ma belle Lili-Jeanne, mais je subi son absence à tous les jours et mon rêve d’être maman n’en est comblé que partiellement. J’ai vécu une merveilleuse grossesse, mais je rêve du jour ou nous pourrons partager notre vie avec un petit être… Et je trouve la vie cruelle de nous rajouter d’autres petits problèmes après nous avoir arraché notre fille. J’en ai ras le pompon (Wow! Je sors mes belles expressions!) des injustices! Je n’arrive plus à me réjouir quand une fille m’annonce qu’elle est enceinte; je n’ai que de l’amertume de ne pas l’être moi aussi.

Nous essayons de continuer, de faire des projets ensemble. Mais, celui qui nous tient le plus à cœur, c’est de fonder une famille. Nous nous accrochons à cet espoir de vivre à nouveau une belle grossesse, de voir la vie grandir en moi et de tenir un petit être vivant au bout de 9… euh non… 8 mois! Chaque début de cycle, chaque jour ou je constate que je semble ne pas ovuler ce cycle-ci, entraîne une amère déception et intensifie ce sentiment de totale injustice.

Pourquoi c’est si facile pour tant d’autres?

J’aurais dû (ben dû don dû)

Depuis le départ de ma fille vers ce monde inconnu, je réalise qu’il y a des choses que j’aurais aimé penser faire et que je n’ai pas fait.

Je regrette tant…

- de ne pas t’avoir bercer et chanter des chansons lorsque que tu étais dans mon ventre; je croyais bien que j’aurais toute la vie pour le faire

- de ne pas avoir filmer tes grands-parents te bercer à l’hôpital

- de ne pas avoir pris des photos de toi et tous ceux qui étaient présents à ta naissance

- de ne pas avoir invité Martine à venir te rencontrer à l’hôpital

(et j’aurai sans doute d’autres « flash » qui feront que la liste s’allongera…)

Par-dessus tout ça et encore plus important que tout ça, il y les instants magiques, merveilleux, dont j’ai si souvent rêvés et qui m’ont été volés avec ton départ :

- de ne jamais avoir vu la couleur de tes yeux, senti ton regard se poser sur moi

- de ne jamais avoir entendu ton cri, ta voix résonner dans mon oreille parce que tu as besoin de nous, tes parents

- de ne jamais entendre ton rire

- de ne pas te voir grandir et de découvrir les traits de ta personnalité

- de ne jamais t’entendre m’appeler « maman »

… tout ce que nous avions rêvé vivre avec toi, pour toi. Ça crée un vide immense, une douleur atroce.



Et plus ou moins en lien avec tout ça, je dois ajouter ceci:

Pour ajouter à ce que nous vivons, il y a des gens qui ne comprennent pas, des gens qui nous jugent. Des gens qui ne comprennent pas notre douleur et qui croient savoir ce qui est le mieux pour nous. Pourtant, ces gens-là n’ont jamais vécu une telle perte, comment peuvent-ils croire qu’ils savent?

D’un autre côté, il y a aussi des gens merveilleux! Des gens qui sont touchés, qui savent que nous souffrons et qui respecte nos démarches. Qui admire notre force même parfois. Cette force dont nous aurions bien aimé ne jamais connaître l’existence. Ces gens-là, que parfois nous connaissons à peine ou pas du tout, nous disent ou nous écrivent de bien belles choses. Il y a heureusement beaucoup de gens sensibles et ouverts et je tenterai désormais de m’entourer davantage de ces personnes.

Merci à vous qui vous reconnaissez à travers mes propos.

mardi 5 février 2008

Le coeur du papa

Hier, mon chum a publié sur son blogue un très beau texte sur l'amour qu'il porte à sa fille. Je trouve cela tellement beau et touchant que je vous invite à le visiter et à lui laisser vos commentaires sur Vince le rêveur:


http://megavince.blogspot.com/

dimanche 3 février 2008

La solitude d'une maman en deuil

Il y a quelques jours, je me sentais affreusement seule dans ma douleur, incomprise par mon entourage qui semble parfois croire que le temps a déjà fait son oeuvre…

Je ne parle pas ici de Vincent car nous sommes ensemble, unis dans cette douleur et nous continuons de nous soutenir et de partager nos sentiments envers Lili-Jeanne. Et je ne parle pas non plus de notre famille dont chaque membre partage aussi notre douleur et qui nous aide du mieux qu’ils le peuvent.

C’est simplement que je n’en peux plus de me faire dire : « Ça ne va pas mieux? » Comme si ma réponse, non en l’occurrence, témoignait d’un échec cuisant! Je n’en peux plus des remarques qui se veulent aidantes mais qui ne font que blesser un peu plus. Je remarque que personne, en dehors de ma famille, ne m’appelle pour savoir : comment ça va aujourd’hui? Je remarque que des oreilles pour nous écouter parler de notre fille, il y en a, mais bien peu. Que parfois, mon instinct me trompe car lorsque j’en parle, l’évocation de son nom crée un réel malaise alors que j’avais cru que ces gens seraient d’une bonne écoute.

Peut-être aussi est-ce parce que je suis allée passer quelques jours chez une amie qui m’a permis d’en parler ouvertement. Qui a regardé les photos de Lili-Jeanne et même le vidéo de son papa et moi qui la berçons à l’hôpital. Merci Martine! Peut-être qu’en revenant chez moi, j’ai eu un certain sevrage à faire, « back to reality ». Peu importe, le sentiment était là : j’étais seule. Notre fille nous a quitté et rares sont ceux qui comprennent.

Non, je m’exprime mal car je n’exige de personne de comprendre. Car pour cela, il faudrait être passé par là et je souhaite tant que personne d’autre n’ait à souffrir d’une telle perte. Ce que je souhaiterais, c’est simplement qu’il n’y ait pas ce lourd malaise. Je vois la panique dans les yeux; que dire pour changer de sujet? Alors que souvent, tout ce qu’on veut, c’est parler de notre fille. Et le temps n’y changera rien! Je suis certaine que dans 10 ans et même plus, je voudrai encore parler d’elle.

Vous ne savez pas quoi dire? Alors dites simplement que vous êtes sensibles à notre peine. Ne croyez pas que de parler de notre fille nous fera mal car ce n’est pas le cas. N’évitez pas le sujet pour nous préserver… le plus beau cadeau que vous puissiez nous faire, c’est d’évoquer son nom, de vous rappeler de son anniversaire, de nous parler d’elle.

Mon ange m’a envoyé un cadeau du ciel… la maman d'un ange, elle aussi, rencontrée aux soirées de groupe de soutien pour le deuil périnatal avec qui j’ai eu de magnifiques échanges virtuels. Elle est apparue sur mon écran alors que j’en avais un grand besoin! Et j’ai eu le privilège de la reçevoir chez moi, notre échange s’est poursuivi et quel bien ça m’a fait! Merci Véronique!

Merci aussi à toutes mes nouvelles amies virtuelles mamans d’anges, mamans pour la vie, petites mères ou scropinettes! Vous aussi vous me faits beaucoup de bien!